Sans-abris à Victoria : l’impact de la pandémie se fait sentir

Selon le CRD, ce chiffre doit être traité comme une sous-estimation, car certaines personnes préfèrent ne pas participer à l’enquête, tandis que d’autres qui vivent l’itinérance « cachée » et sont difficiles à atteindre. Photo : Harrison Haines – Canva.

La pandémie a forcé de nombreux résidents du Grand Victoria à se réfugier à l’extérieur, et cela même si le nombre de sans-abris n’a presque pas augmenté depuis 2018.

Vendredi le District Régional de la Capitale (CRD), en partenariat avec le Community Social Planning Council et la Greater Victoria Coalition to End Homelessness, a publié les résultats du comptage ponctuel 2020 du Grand Victoria.

Au 11 mars 2020, 1 523 personnes étaient sans-abri dans la région de la capitale, comparativement à 1 525 le 15 mars 2018.

Depuis 2016 le comptage se fait tous les deux ans.

En raison des changements de méthodologie d’une année à l’autre, ces deux chiffres ne suggèrent pas nécessairement des tendances dans la région, et ce chiffre doit être traité comme une sous-estimation, écrit le CRD.

Certaines personnes apprécient leur vie privée et préfèrent ne pas participer à l’enquête, tandis que d’autres qui vivent l’itinérance «cachée» sont difficiles à atteindre et, par conséquent, ne seraient pas incluses dans ce dénombrement.

«Les résultats de l’enquête sont révélateurs de la vulnérabilité à l’itinérance des personnes sans domicile en raison de facteurs structurels tels que la pauvreté, la stigmatisation et la discrimination, un manque de ressources clés pour répondre à des besoins humains complexes et un manque de choix lorsqu’ils essaient de trouver un logement sûr et adéquat avec les soutiens appropriés », a déclaré Kelly Roth, directrice générale de Greater Victoria Coalition to End Homelessness.

L’impact de la pandémie

Les exigences de distance physique et d’isolement dans le cadre des mesures d’urgence de santé publique COVID-19 ont aussi contribué à une augmentation significative du nombre de personnes se réfugiant à l’extérieur dans les parcs et le long des boulevards à la suite du dénombrement et de l’enquête du 11 mars.

Un certain nombre de refuges n’ont pas pu rester ouverts au-delà des fermetures prévues le 31 mars et les centres d’accueil ont dû réduire considérablement leurs admissions nocturnes en raison de la nécessité de s’assurer que les personnes avaient la capacité de maintenir une distance physique appropriée.

De plus, de nombreuses personnes ont dû quitter des abris informels (pratique du couch surfing) chez leur famille et leurs amis en raison du besoin de se distancer physiquement.

Les établissements de correction et de santé ont été contraints de renvoyer des personnes sans abri pendant l’urgence car il n’y avait pas de nouvelles options d’hébergement disponibles dans la communauté alors que la pandémie s’aggravait.

La fermeture et la réduction significative des services de proximité pendant la pandémie ont également contribué au rassemblement d’un grand nombre de personnes non abritées dans les zones où des services limités restaient disponibles (avenue Pandora) et dans les espaces publics où des services d’urgence étaient fournis (parc Topaz).

Selon Christine Culham, gestionnaire principale du programme de Logement régional au CRD, «les résultats du décompte sont essentiels pour guider les politiques du logement, des soutiens sociaux et des services de santé dans ses processus de planification afin de garantir que les ressources sont investies dans les domaines où les besoins sont les plus grands ».

Le début de la pandémie du COVID-19 a mobilisé le gouvernement de la Colombie-Britannique, par l’intermédiaire de BC Housing, en partenariat avec des fournisseurs de logements, de services et de soins de santé, pour aider les sans-abri à trouver un logement plus permanent.

Depuis le mois de mars, 134 personnes ont trouvé un logement dans des hôtels achetés par BC Housing, tandis que 347 sont actuellement hébergées dans des hôtels acheté par la province à Victoria.

Le CRD travaille également actuellement en partenariat avec BC Housing et la Société canadienne d’hypothèques et de logement pour mettre en œuvre le programme régional de logement d’abord, un partenariat de 120 millions de dollars qui financera le développement de 400 unités de logement offertes aux tarifs des refuges de l’aide sociale pour répondre aux besoins des personnes en situation d’itinérance chronique dans la région.

Retrouvez le rapport complet ici : https://www.crd.bc.ca/docs/default-source/housing-pdf/housing-planning-and-programs/crd-pit-count-2020-community-report-2020-07-31.pdf?sfvrsn=8d3b1dcc_2

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