Regards #21 : les locataires britanno-colombiens toujours plus vulnérables

Le guide de défense contre les expulsions du Vancouver Tenants Union. Illustration : Vancouver Tenants Union

Dure rentrée pour les locataires de la province : reprise des expulsions-évictions, fin des aides aux loyers et remboursement des dettes locatives. Avec moins de revenus, endettés, et plus que jamais vulnérables face aux expulsions, les locataires devront également faire face à une hausse de 1,4 % de leur loyer dès janvier 2021, selon les souhaits du gouvernement provincial.

Une triple peine, voir quadruple pour certain qui ont perdu tout ou partie de leur revenu durant cette pandémie de COVID-19, et qui seront tenu de rembourser les loyers non payés des mois de mars à août avant juillet 2021, selon un échéancier à établir avec leurs propriétaires.

Une situation intenable et des décisions injustes qui contribuent à amplifier un problème sociétal majeur selon notre invité, Aïssa Aggoune, conseiller bénévole au syndicat des locataires de Vancouver (Vancouver Tenants Union), qui rappelle que 50 personnes par jour perdent leur logement en Colombie-Britannique.

Comme son homologue victorienne, Victoria Tenants Action Group (VTAG), le syndicat des locataires de Vancouver milite activement pour l’annulation de l’ensemble de la dette locative, mais fourni aussi une aide et un accompagnement juridique aux citoyens qui font face à des risques ou des procédures d’évictions.

L’association a également lancé une initiative pour recenser les expulsions au travers la province. Un travail plus que bienvenu pour connaitre la réalité statistique et obtenir des chiffres sur une procédure pour laquelle, étonnamment, aucune organisation provinciale officielle n’a de compétences réelles, comme le souligne notre invité.

D’après les chiffres collectés par VTU, 63 % des personnes qui ont participé à un sondage en ligne affirment souffrir de troubles psychiques tels que la dépression, l’anxiété, de crise d’angoisse, d’attaque de panique et même de pensées suicidaires à l’idée de perdre leur logement en temps de pandémie, et les deux tiers des locataires interrogés se déclarent dans l’impossibilité de rembourser leur dette dans les délais impartis.

Aïssa Aggoune insiste par ailleurs sur l’impérieuse nécessité de mieux encadrer et respecter les droits des locataires, en veillant notamment à une meilleure application des lois contenues dans le Tenancy Act, et en formant les médiateurs du Residential Tenancy Branch.

Mais en attendant, comment se défendre lorsque l’on risque de perdre son toit ? « Surtout ne pas paniquer, et rapidement prendre contact avec nous sur bcrentcrisis.ca, pour que l’on puisse vous accompagner et vous aider dans vos démarches », précise M. Aggoune.

Vous trouverez également beaucoup de ressources utiles en ligne, et même un petit guide d’auto défense contre les expulsions, sur vancouvertenantsunion.ca.

Bonne écoute.

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