Pour un Victoria à deux-roues

La piste cyclable E & N fait actuellement 9 km et fera 17 km une fois terminée.
Photo d’archive : Radio Victoria

Réchauffement climatique, sentiment d’appartenance à la communauté, santé, sécurité : tant de problèmes qui peuvent être en partie résolus par… le vélo !

« Quand je pense à tous les problèmes auxquels nous devons faire face, je vois que le cyclisme est la clé », rapporte avec enthousiasme Adam Krupper, directeur général de la Bike to Work Society.

« La bicyclette est un moyen de transport social », explique-t-il, nous permettant de nous identifier comme individu et offrant un meilleur sens d’appartenance à la communauté.

Monsieur Krupper était l’invité de Bonjour Victoria ! pour discuter entre autres, de la fusion des deux organisations cyclistes de la région, Greater Victoria Cycling Coalition et Bike to Work Society en décembre 2019 afin d’offrir plus de ressources et d’activités à la communauté, dont The Neighbourhood Rides.

Depuis 1994, la Bike to Work Week a mobilisé plus de 100 000 cyclistes. En 2019, ses participants ont parcouru 725 000 km, économisant 156 000 kg de gaz à effet de serre, l’équivalent de 66 000 litres d’essence ou la consommation électrique de 104 maisons pendant un an.

Cette campagne, prônant un changement de comportement auprès des communautés urbaines, a prouvé, en seulement une semaine, qu’elle contribuait à l’augmentation du nombre de cyclistes dans le Grand Victoria au cours des 26 dernières années.

HUB Cycling, à Vancouver, est l’un des modèles de cette nouvelle fusion. Ces défenseurs du deux-roues organisent des activités toute l’année pour tous et comptent près de 3 000 membres.

Les villes ont été construites pour les voitures, et pour le directeur général de Bike to Work Society, la province doit reprendre les choses en main en changeant les habitudes de construction, en éduquant les automobilistes et les jeunes à l’école.

Le principe que M. Krupper rêverait de voir apparaitre est le 5-minute neighborhood, ou 5-minute walk — cette marche de 5 minutes est considérée comme la distance que les gens sont prêts à parcourir avant de choisir de conduire. Sur la base de la vitesse de marche moyenne, une marche de cinq minutes est représentée par un rayon d’environ 400 mètres. Cette règle empirique est utilisée pour calculer les zones de desserte des transports publics ou pour déterminer l’accès aux destinations dans un quartier. « Si la province l’appliquerait, ça serait révolutionnaire » !

En ce qui concerne la sécurité des cyclistes, afin d’aider à réduire les collisions à vélo, la Colombie-Britannique a quadruplé l’amende pour l’emportiérage.

À compter du 21 septembre 2020, quiconque ouvre la porte d’une voiture en stationnement, alors qu’il n’est pas raisonnablement sécuritaire de le faire, sera passible d’une amende de 368 $. L’amende était auparavant de 81 $, l’une des plus faibles au Canada. « Cette décision va faire parler et c’est ce qu’il faut » selon Adam Krupper.

Une technique, « fantastique », peut d’ailleurs être utilisée au quotidien pour éviter les risques d’emportiérage : la Dutch reach, la poignée hollandaise. Cette technique enseignée aux Pays-Bas demande au conducteur ou le passager d’une voiture d’ouvrir leur portière avec leur main opposée de manière à être obligé de se tourner et ainsi de voir si un deux-roues est à proximité.

Se savoir en sécurité est indispensable, les Néerlandais ont su le faire. Ils n’ont pas besoin de casques de vélo parce que le cyclisme n’est pas une activité intrinsèquement dangereuse — c’est l’environnement routier qui est dangereux, et les Néerlandais sont parvenus à créer un environnement sécuritaire pour le cyclisme. Les enfants peuvent ainsi découvrir leur ville, par eux-même, et aussi goûter à un sentiment de liberté. « Quand les jeunes sont à vélo, ils peuvent sentir leur quartier, prendre conscience du monde qui les entoure » partage avec un sentiment de déjà-vu l’invité de Bonjour Victoria !. « Donnez la chance aux enfants de pédaler (…) est très important pour leur développement ».

« Tout est construit pour les voitures, même si vous regardez les maisons : la première chose qu’on voit c’est une allée, c’est un garage et après la maison ». Malgré son optimisme, M. Krupper sait que cela prendra du temps avant que l’être humain devienne une priorité. Avec la pandémie COVID-19, cela commence à ressortir selon lui. « Pourquoi ces routes si larges à côté de ces petits trottoirs et petites pistes cyclables » ?

Grâce à des organismes comme Greater Victoria Cycling Coalition et Bike to Work Society, Victoria commence doucement a réinventé la roue en matière de cyclisme urbain — permettant ainsi peut-être de voir des jours où être un citadin à vélo ne sera plus une exception, mais la règle.

L’entrevue complet avec le directeur général de Bike to Work Society, Adam Krupper, est disponible en balado ci-dessous :

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