Plongée dans l'univers fascinant de la seconde vie de nos excréments - Radio Victoria

Plongée dans l’univers fascinant de la seconde vie de nos excréments

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À McLoughlin Point, la station d’épuration a activé ses turbines le 15 décembre 2020 pour la première fois, après 4 ans de construction. Photo : CRD.

Avec l’ouverture de l’usine de traitement des eaux usées de McLoughlin Point, Victoria n’est plus la seule grande ville du Canada à déverser ces eaux usées non traitées dans la mer.

Une equipment financé par le District régional de la capitale à hauteur de 800 millions de dollars, et présenté comme ultra moderne et en avance sur les normes contemporaines de traitement des déchets organiques humains.

Mais quelle est réellement la capacité de recyclage et de valorisation de cette nouvelle usine?

Car selon notre invité, le Professeur en génie civil et génie des eaux Caetano Dorea, de l’université de Victoria, les excréments ne sont pas seulement des déchets ! Ce sont une aussi des sources d’énergie gratuite et surtout très écologiques… 

D’après une étude de l’Institut canadien de l’eau, de l’environnement et de la santé  de l’Université des Nations Unies, aujourd’hui, quelque 380 milliards de mètres cubes d’eaux usées sont produits chaque année dans le monde, et ce volume devrait augmenter de 24% d’ici 2030 et 51% d’ici 2050.

De grandes quantités d’énergie précieuse, de nutriments agricoles et d’eau pourraient être récupérées à partir de ces eaux usées municipales.

Assez d’énergie en tout cas pour alimenter tous les foyers aux États-Unis et au Mexique, suffisamment de nutriments pour répondre à environ 13% des besoins mondiaux en engrais et assez d’eau pour remplir le lac Victoria en sept ans, le lac Ontario en quatre.

Fort heureusement, il existe une multitude d’applications, parfois surprenantes, que l’on peut développer à partir de nos déchets organiques humains.

Selon le professeur Dorea, on peut produire de l’électricité à partir de rejets humains transformés. Mais aussi, en stimulant la croissance de certains micro-organismes déjà présents dans les boues usées, du bioplastique.

On peut aussi, par exemple, grâce au procédé de la biométhanisation, produire une alternative aux énergies fossiles.

D’ailleurs, cette année, la ville de Québec aura sa propre usine de biométhanisation qui transformera annuellement 86 000 tonnes de résidus alimentaires ainsi que 96 000 tonnes de boues municipales en 7 millions de mètres cubes de biométhane. 

Mais l’usine de McLoughlin Point en a-t-elle les capacités ? La réponse dans l’entrevue avec le professeur Dorea.

COVID et racisme

Au sommaire également de cette 34e édition de Regards sur le Grand Victoria, notre journaliste Mélinda Trochu revient sur la montée des cas de Covid-19 au sein de la Première Nation Cowichan – la plus importante de Colombie-Britannique avec 5 000 membres – qui a engendré la multiplication des actes racistes, stigmatisants et discriminants.

Des attitudes unanimement condamnées dans une lettre publique, publiée par de nombreux élus locaux, la présidente de l’Université de l’Île de Vancouver, le chef Cowichan William Seymour, la députée provinciale Sonia Furstenau et des représentants de la régie de la santé Island Health.

Et aussi dans l’actualité municipale

Bonne écoute.

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