Les Premières Nations de l’île de Vancouver affectées par la pandémie de façon disproportionnée

Les résidents d’Ahousaht étaient parmi les premiers en C-B à recevoir le vaccin pour la COVID-19 en début janvier, en accord avec la décision de la province de prioriser les Premières Nations à cause de l’impact disproportionné du coronavirus sur ces communautés éloignées. Photo : Initiative de journalisme local.

Ha-Shilth-Sa

Melissa Renwick

Local Journalism Initiative Reporter

Un nouveau rapport publié par l’autorité de santé des Premières Nations (First Nations Health Authority, FNHA) révèle l’impact disproportionné que la COVID-19 a eu sur les personnes autochtones de l’île de Vancouver.

Alors que les personnes autochtones ne représentent que 7,6 % de la population de l’île de Vancouver, elles représentent 34,9 % des cas de COVID-19.

Le taux de positivité pour les populations autochtones est de 1 323 cas pour 100 000 personnes, comparé à 202 cas pour 100 000 pour la population non-Autochtone, selon la FNHA.

D’autre part, les personnes qui s’identifient comme autochtone sont hospitalisées trois fois plus souvent et leur taux de mortalité est quatre fois plus élevé que celui de la population non-Autochtone.

« Ce sont des chiffres très inquiétants, dit Mariah Charleson, vice-présidente du Nuu-chah-nulth Tribal Council. C’est choquant, mais nous réalisons tous que c’est la réalité. »

Selon Mariah Charleson, ce déséquilibre est alimenté par divers facteurs comme des logements surpeuplés, des antécédents médicaux, un manque de capacité à gérer les éclosions, surtout dans les communautés autochtones rurales et difficiles d’accès, ainsi qu’un manque de confiance dans le système de santé.

« Le racisme systémique existe dans chaque secteur du système de santé en C.-B. », dit-elle, citant le rapport d’enquête indépendant sur le racisme dans le système de santé de la Colombie-Britannique de 2020.

Ce rapport avait été commandé à la suite d’allégations que le jeu « Le juste prix » avait lieu aux urgences en C.-B., où l’on s’amusait à deviner le taux d’alcool d’un patient autochtone.

(Note de Radio Victoria : le rapport n’a pas trouvé de preuve que ce jeu a bien eu lieu, mais a récolté de nombreux témoignages faisant état de racisme systémique et d’attitudes dégradantes envers les personnes autchtones dans le système de santé de la province.)

« Le portrait du système de santé de la C.-B. révèle un racisme systémique répandu envers les personnes autchtones, notait le rapport.

Ce racisme donne lieu à tout un ensemble d’impact négatif, de préjudices, et même de décès. »

Les données publiées par la FNHA ont servi à décider comment prioriser l’accès à la vaccination, ce qui a permis d’accélérer la livraison de vaccins aux communautés autochtones rurales et isolées. Les premières doses sont arrivées le 29 décembre 2020.

Malgré la hausse des cas de COVID-19 à travers la province, le nombre de nouveaux cas chez les Premières Nations continue de baisser, selon la FNHA.

« La proportion de nouveaux cas chez les Premières Nations est à son plus bas depuis juin 2020 », selon le rapport.

En date du 15 avril, plus de 72 000 de toutes les personnes autochtones de la province (dont certaines ne sont pas autochtones mais vivent parmi ou à proximité de ces communautés) ont reçu leur première dose du vaccin. Plus de 6 700 Autochtones ont aussi reçu leur seconde dose, toujours selon le rapport.

« Nous sommes heureux de constater que [les statistiques] et les données sont utilisées pour s’assurer que les personnes autochtones soient priorisées, surtout aux fins de vaccination », dit Mariah Charleson.

Même si toute la population des 14 Premières Nations Nuu-chah-nulth a reçu une première dose du vaccin, plusieurs attendent encore leur seconde dose.

Mariah Charleson explique que les secondes doses du vaccin Moderna seront mises en place dans les communautés restantes en respectant la fenêtre de 16 semaines (entre première et seconde dose) recommandée par le Comité consultatif national de l’immunisation.

« Nous n’avons pas besoin d’aller chercher très loin pour comprendre que nos peuples ont été impactés de manière disproportionnée, dit-elle. Je veux vraiment  voir nos communautés se serrer les coudes. »

Source : Initiative de journalisme local

Traduction : Radio Victoria

Plus d'articles :