Écoles secondaires francophones en C.-B. : inquiétudes sur le modèle homogène

Écoles secondaires francophones en C.-B. : inquiétudes sur le modèle homogène

Ione Smith, présidente de l’APÉ de Sechelt. Crédit : Courtoisie

Les parents francophones de la Colombie-Britannique s’opposent au passage à l’enseignement uniquement en français pour huit écoles secondaires du Conseil scolaire francophone de la province. Inquiets, ils considèrent le changement trop rapide et inadapté aux réalités régionales.


Marie-Paule Berthiaume
Initiative de journalisme local – APF – Ouest

À la suite du jugement de la Cour suprême en juin dernier accordant le droit à une éducation équivalente aux francophones à celle offerte en anglais, le Conseil scolaire francophone (CSF) de la Colombie-Britannique a adopté le passage à une structure homogène, soit uniquement en français, pour huit écoles secondaires ayant actuellement une structure hétérogène où les programmes proposent des cours en français et en anglais.

En 2020, des sept conseillers scolaires ayant droit de vote au CSF, quatre se sont prononcé en faveur de cette mesure qui doit être mise en place dès septembre 2021.

Certaines associations de parents d’élèves (APÉ) ont jugé la transition «trop rapide» et ont réclamé un meilleur dialogue avec le CSF afin d’assouplir les règles. Depuis, les relations sont tendues.

Lors d’une réunion houleuse du Conseil scolaire, le 23 janvier, à laquelle plusieurs représentants des associations de parents ont assisté, le conseil a adopté un modèle plus progressif pour faciliter la transition des élèves. Des représentants des associations de parents francophones considèrent donc toujours ne pas avoir obtenu de réponses à ses questions.

L’APÉ de Nelson, dans le Sud-Est de la province, a manifesté par courriel à l’IJL-Ouest ses inquiétudes quant à diminution des ressources qui seront offertes à leurs enfants si leur école passe à la structure homogène.

«Cette décision a soulevé l’inquiétude de nombreux parents de l’école des Sentiers-alpins de Nelson, tout comme de plusieurs APÉ en milieu rural en C.-B. L’inquiétude principale des parents découle du fait que leur école, de taille modeste, pourrait ne pas avoir le nombre d’étudiants suffisant pour offrir un environnement favorable au développement académique et social des adolescents francophones», affirment les membres de l’association.

Plusieurs autres associations de parents francophones en milieu rural souhaitent aussi une transition plus progressive ou encore le maintien de la structure hétérogène qui est en place en ce moment.

Consultations à venir en 2021

Le CSF a approché les communautés de Powell River, de Prince George et de Nanaimo en novembre 2020 alors que les consultations avec les communautés de Penticton, Nelson, Campbell River, Sechelt et Revelstoke ont été reportées à une date indéterminée au début de 2021.

La présidente de l’APÉ de Powell River, Annie Racine, n’a pas vu cette rencontre avec le CSF comme une consultation, mais plutôt comme une présentation, sans dialogue possible. «On leur avait envoyé des questions à l’avance pour lesquelles nous sommes restés sans réponse. Nous étions vraiment déçus.»

La présidente de l’APÉ de Sechelt, Ione Smith, reste ouverte à la consultation à venir tout en restant ferme quant à l’indifférence de la petite communauté d’ayants droit francophones à accueillir une école secondaire homogène.

Elle rappelle que le jugement de la Cour suprême demande à ce que les décisions prises pour établir une éducation équivalente réelle, plutôt que formelle, considèrent l’opinion raisonnable des parents. «On a demandé aux décideurs de nous visiter pour faire le tour et rencontrer les gens face à face.»

Ione Smith et Annie Racine se rangent également derrière l’APÉ de Nelson qui garde espoir que «de futurs échanges entre l’APÉ et le CSF permettent d’assouplir l’approche actuelle du CSF pour favoriser un réel élargissement de l’espace francophone dans notre communauté. À défaut d’un tel assouplissement, nous craignons l’effet contraire.»

Le CSF a communiqué son intention de réagir dès que son plan d’action aura été divulgué.

Photo de couverture : capture d’écran de la rencontre du CSF du 23 janvier 2021.

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